01 Feb 2014

Portrait of Rodin, Maurice Denis (1870-1943)

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Crayon au graphite sur papier – 20,7 x 15 cm – Avec le cachet d’atelier en bas à gauche. Don de Mme Claire Denis, petite-fille de l’artiste, par l’intermédiaire de la Société des Amis du Musée Rodin, 2014.

Maurice Denis, peintre nabi, s’impose dès 1890 comme le théoricien de l’art de ce mouvement bien que le plus jeune du groupe. Il est membre de la Bande Noire, mouvement pictural qui va à l’encontre de la peinture claire des impressionnistes dont un autre peintre est proche de Rodin, Charles Cottet.

On connaît de nombreux portraits d’artistes dessinés, parmi lesquels Paul Ranson, Sérusier, Renoir, etc. La peinture du musée d’Orsay, Hommage à Cézanne, réalisée en 1900, met en scène plusieurs artistes de son entourage : Redon, Vuillard, Sérusier, Ranson, Roussel et Bonnard sont réunis autour d’une toile de Cézanne chez le marchand Vollard.

On lui confie la décoration de la coupole Duthuit qui figure dans la dernière campagne de travaux du Petit Palais entrepris après la guerre en 1918. La coupole se situe au-dessus de l’accès à la galerie Duthuit. Maurice Denis proposa une composition retraçant l’histoire de l’art français du XIIe au XXe siècle, illustrée de portraits d’artistes accompagnés de leur œuvre la plus célèbre. Dans la partie réservée à l’art contemporain, Rodin y est ainsi représenté à proximité du Penseur, surplombant tous les autres artistes, bien que déjà mort depuis un an. Il est aux côtés de Degas, Berthe Morisot, Carrière et Moreau.

On connaît également un dessin préparatoire conservé au musée du Prieuré Maurice Denis à Saint-Germain-en-Laye (fusain sur calque, 151 x 158 cm, PDM 976.1.777). Le dessin est très appuyé et ne présente pas le trait sensible habituel des petites esquisses de Maurice Denis.

Ce portrait dessiné de Rodin semble au contraire être pris sur le vif. Cependant pour Renoir, on sait que Maurice Denis fit au moins un croquis après sa première visite en 1897 chez le peintre afin d’en conserver le souvenir (Baudot, 1949, p. 129). Le portrait de Rodin pourrait aussi bien avoir été fait dans les mêmes conditions et a très certainement été réutilisé en 1918 pour la fresque du Petit Palais.